Plus le temps passe et plus c'est difficile de revenir écrire, manque d'inspiration, toujours les mêmes histoires d'instit, ça lasse de ne parler que de ça, c'est pire quand on vit dans un milieu
enseignant, on a l'impression de ne rien avoir d'autre dans la vie. Mais j'ai pas mal de temps libre en ce moment, ça sent la fin d'année, plus d'excuse foireuse genre un mémoire de 30 pages à
rédiger, des validations à rendre, des inspections à préparer. Le mémoire est rendu et validé, les validations validées, les visites bouclées, bref je passe à l'étape suivante qui est d'attendre
de savoir quel sera mon poste à la rentrée. La réponse tombera fin juin, ou début juillet ou fin août ou début septembre. Comme ça vous en savez autant que moi sur le sujet. Bref dans l'attente
d'une indication sur ce qui va m'arriver (pitié pitié pitié pas de maternelle) je ne fais rien, je me laisse vivre, j'évite de stresser. Enfin j'essaye, mes plaques sur les bras sont d'un avis
différent semble-t-il. Même si l'annonce de mon futur poste me plonge dans un stress sans nom, c'est rien à coté de ce que je vais vivre si j'apprends où je tombe à la dernière minute, genre la
veille de la rentrée comme ça arrive souvent dans les histoires qu'on se raconte entre nous, on connait des gens à qui c'est arrivé, et sinon, on trouve toujours quelqu'un qui connait quelqu'un à
qui c'est arrivé, il manque juste le feu de camp au fond d'une forêt sinistre pour l'ambiance histoires d'horreur.
En attendant on s'occupe comme on peut. La prof de français par exemple nous a fait réaliser un roman-photo. A ce propos sachez juste que la production de mon groupe (on était 4) à base de playmobils et de magie noire sur fond d'IUFM a remporté tous les suffrages, c'est le meilleur et le plus original jamais vu par la prof selon elle. Je pense qu'elle a abusé de substances illicites. Si je savais comment mettre une image avec les bulles et tout, je vous ferais partager les aventures de trois étudiantes à l'IUFM qui, en cherchant la salle du prochain cours, se retrouvent ensorcelées par une fiole étrange et vivent de palpitantes aventures. Mais voilà, j'en suis incapable, tout comme j'ai été incapable de comprendre comment mettre en ligne une vidéo sans la mettre sur youtube (d'ailleurs, j'sais plus non plus comment faire pour la mettre sur youtube, je suis lamentablement nulle en informatique). Et oui, je suis payée avec vos impôts pour faire ce genre de truc, ça me fait halluciner aussi. Mais ça compense le début d'année scolaire où j'ai cru craquer plus d'une fois sous la pression.
A ce sujet, notre déléguée adorée nous a demandé un bilan de l'année pour le transmettre lors de la réunion des
délégués de toutes les sections avec la directrice. Alors j'ai repensé à cette année écoulée, au positif, au négatif, à l'IUFM, au reste... Certains formateurs ont eu un comportement plus que
limite, comme celle qui prenait les heures de cours pour des tribunes syndicales, nous distribuant des tracts au lieu de nous expliquer comment construire une séquence, parlant dans le dos des
collègues... C'est lors du premier stage groupé (les 3 semaines en maternelle avant Noyel) qu'elle m'a appris que plusieurs filles de la section étaient en difficulté, disant même que Machine
avait été sortie de son stage pour des raisons de sécurité, qu'une autre était en mauvaise posture. Avais-je besoin de connaître la situation de ces personnes? Avait-elle le droit de divulguer
leurs problèmes à toute la section? Et avait-elle besoin de me mettre autant la pression pendant cet entretien au point que j'ai pendant un moment envisagé de tout plaquer et retourner torcher
les gamins des familles aisées au SMIC? Sur ce dernier point, avec le recul, j'ai compris, il s'agissait de vérifier que les stagiaires sont assez forts pour résister au métier. Mais sur le coup,
j'ai juste super mal vécu cette période, d'être désignée devant toute ma section comme ayant des problèmes, c'était franchement humiliant, j'aurais aimé qu'elle vienne me parler en privé pour me
fixer un RDV et qu'on en parle au lieu d'attendre d'avoir réuni toute la section. Et je sais que les deux autres filles qui ont été convoquées en même temps que moi l'ont mal vécu aussi, et
n'avaient pas envie d'un RDV à 3, d'étaler ça devant deux autres filles après avoir été affichées devant toute la section.
Mais tout n'a pas été négatif, on a eu des cours enrichissants, le choc du premier stage m'a permis de beaucoup progresser, j'ai rencontré des gens sympas, mon école de stage filé du lundi est
top, et même si on a été surmené jusqu'à la fin avril, les mois de mai et juin sont une douce récompense une fois le mémoire rendu et soutenu avec succés.
Une fois lancée, je me rends compte que j'ai plein de choses à dire, mais ça touche un autre sujet, donc je coupe mon flot de paroles en deux et j'en garde un peu pour demain. C'est la suite
directe du bilan de l'année vu du coté de ma super copine, la Balance.
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